Au Puy-en-Velay, citoyens et militants dénoncent l’agression des États-Unis contre le Venezuela et appellent à la solidarité internationale.

Hier, devant la préfecture du Puy-en-Velay, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées pour dénoncer l’agression menée par les États-Unis contre le Venezuela. Un rassemblement déterminé, qui s’inscrit dans un contexte international d’une gravité exceptionnelle : l’opération militaire états-unienne dite « Absolute Resolve », ayant conduit à l’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro dans la nuit du 2 au 3 janvier.

Au-delà du choc immédiat, cet acte marque une rupture majeure. Comme l’ont souligné de nombreux observateurs, Washington franchit un nouveau seuil : après les sanctions, les pressions diplomatiques et les tentatives de déstabilisation, les États-Unis assument désormais l’enlèvement d’un chef d’État en exercice, hors de tout cadre légal international. Une violation flagrante du droit international et de la Charte des Nations unies, qui garantit pourtant la souveraineté des États et l’interdiction du recours à la force.

Un pays asphyxié pour être soumis

La crise économique que traverse le Venezuela ne peut être comprise sans rappeler le rôle central des sanctions économiques et de l’embargo imposés par les États-Unis et leurs alliés. Depuis des années, ces mesures ont étouffé l’économie du pays, entravé l’accès aux médicaments, aux pièces industrielles, aux circuits financiers internationaux, et aggravé les difficultés quotidiennes de la population.

Loin de « défendre la démocratie », ces sanctions ont été conçues comme un outil de déstabilisation politique, visant à affaiblir le pouvoir en place en faisant payer le prix fort au peuple vénézuélien. Cette stratégie est aujourd’hui documentée, y compris par des rapporteurs de l’ONU, qui ont à plusieurs reprises dénoncé le caractère illégal et inhumain de ces mesures coercitives unilatérales.

Cette opération s’inscrit dans une longue histoire d’ingérences liées au contrôle des ressources énergétiques. Le pétrole vénézuélien reste un enjeu stratégique majeur pour les États-Unis, comme l’a souligné Naziha, notre tête de liste aux élections municipales du Puy-en-Velay.

Jusqu’où ira l’escalade ?

Le message envoyé par Donald Trump est inquiétant : si un pays ose reprendre le contrôle de ses ressources, refuser l’alignement sur les intérêts états-uniens ou expérimenter une voie politique indépendante, il peut devenir une cible. Après le Venezuela, qui demain ? Cuba, toujours sous embargo ? D’autres pays d’Amérique latine ? Et ensuite ? Des opérations de mise sous tutelle de territoires stratégiques, comme Trump l’a déjà évoqué par le passé à propos du Groenland ou du canal de Panama ?

Cette logique pose aussi une question fondamentale : celle de notre dépendance mondiale aux énergies fossiles. Tant que le pétrole et le gaz structureront l’ordre économique international, ils continueront d’alimenter guerres, ingérences et coups de force, au mépris des peuples et du climat.

Silence européen et effacement de l’ONU

Face à cette violation manifeste du droit international, l’Union européenne brille par son silence. Pire encore, Emmanuel Macron s’est félicité de l’opération, actant de fait l’alignement européen sur la politique de Washington. Ce renoncement politique affaiblit encore davantage l’ONU, déjà marginalisée, alors même qu’elle devrait être le cadre central de la résolution des conflits et de la protection des peuples.

Les manifestants réunis au Puy-en-Velay l’ont rappelé avec force : ni les sanctions, ni les bombardements, ni les enlèvements ne servent la paix ou la démocratie. Ils servent les intérêts des multinationales et d’un ordre mondial fondé sur la loi du plus fort.

Une mobilisation locale, un combat universel

En Haute-Loire comme ailleurs, ce rassemblement s’inscrit dans une tradition insoumise : celle de la solidarité internationaliste, du refus de l’impérialisme et de la défense du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce qui se joue au Venezuela nous concerne toutes et tous.

Accepter aujourd’hui l’enlèvement d’un président, en violation du droit international et des principes de l’ONU, c’est accepter demain que plus aucun pays, plus aucun peuple, ne soit à l’abri.
Du Puy à Caracas, un même combat : pour la souveraineté des peuples, la paix et la justice internationale.

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