Près de 300 personnes marchaient pour le climat et la justice sociale à Brioude.

Arrêt à la maison du saumon où la question de l’eau a été développée avant d’arriver devant la maison de retraites sur les conséquences du dernier été caniculaire sur les personnes âgées. C’est devant le monument au mort que le représentant de Pasteque dénonçait la guerre et ses conséquences tant humaines que climatiques.

Devant la permanence du député Vigier les différents votes du députés notamment en soutien à la loi Duplomb ont été dénoncés. Mathilde pour LFI a fait part des dispositions politiques nécessaires à prendre en urgence pour permettre à tout un chacun de vivre dans des logements dignes.

Devant l’hôpital la CGT a expliqué que la structure, victime des coupes budgétaires est à bout de souffle, à plus forte raison dans cette période de fortes chaleurs. Enfin devant la sous préfecture il a été fait lecture par nos camarades Sarah et Jérémy de la lettre du collectif du 26 septembre au Président Macron : Lien vers la lettre

Devant l’OPAC 43 – Office Public d’Aménagement et de Construction, voici la prise de parole de Mathilde :

Parler du logement, a fortiori le logement social, mais pas seulement, c’est aborder une question
éminemment politique. Loin d’être un sujet anecdotique, le logement est peut-être une des
illustrations les plus percutantes de la pertinence d’une mobilisation comme la nôtre pour le climat
et la justice sociale. L’accès à un logement digne est en effet un enjeu à l’entrecroisement précis
de la lutte des classes et de la lutte environnementale.


Pensons aux canicules qui nous ont touché cet été. Certes, la chaleur est un phénomène
climatique, physique, universel. Mais ce qui est intéressant, c’est que ce phénomène physique a
une expression sociale, il n’a pas les mêmes effets sur toutes les personnes. N’en déplaise à
Yann Barthès, on n’a pas « tous chaud » de la même manière, et la distinction commence dès le
logement, entre celles et ceux qui ont accès à un logement isolé voire climatisé et celles et ceux
qui vivent dans ce qu’on appelle des « bouilloires thermiques ».


Évidemment, personne ne veut vivre dans une bouilloire/passoire thermique, ou dans n’importe
quelle autre forme de logement insalubre, mais certains et certaines n’ont pas le choix : la pénurie
de logement dont nous souffrons aujourd’hui en France et l’augmentation des loyers contraignent
des personnes à vivre dans des logements misérables, quand ce n’est pas dans la rue
directement. Et cela, nous le disons, ce n’est pas naturel, ce n’est pas la conséquence d’une loi
supérieure de l’univers sur laquelle nous n’aurions aucune prise. Tout comme le dérèglement
climatique, la pénurie de logement est la conséquence d’un système politique et économique qu’il
faut nommer : le capitalisme (néolibéral).


Depuis les origines du capitalisme, dans l’Angleterre du 18e siècle où la machine à vapeur (et
donc à charbon !) a provoqué la délocalisation et la mise en concurrence des travailleurs, jusqu’à
l’émergence récente de l’IA entrainant la multiplication des catastrophiques data centers et la
précarisation des travailleurs, en passant par le développement au 20e siècle de l’élevage ou
plutôt du massacre intensif de milliards d’animaux marins et terrestres chaque année… Nous le
savons : le capitalisme est par définition un système polluant et brutal envers l’humanité, le vivant
et pour tous les écosystèmes. Il se nourrit de leur exploitation, et de la guerre, et des catastrophes
climatiques. Ainsi, nous le disons : le climat, le vivant, la paix et la justice sociale, même combat…
contre le capitalisme !


Revenons au cas précis du logement : pourquoi faut-il dire que la crise du logement est créée et
organisée par le capitalisme néolibéral défendu par les politiques macronistes ? Partons d’une
statistique donnée par l’INSEE : saviez-vous que la moitié des logements loués en France le sont
par des propriétaires de 5 logements ou plus ? 3,5% des ménages possèdent à eux seuls 50% du
parc locatif privé. Et ce sont ces multipropriétaires qui choisissent de laisser 1,8 millions de
logements vacants alors que 330 000 personnes sont sans domicile, deux fois plus qu’il y a dix
ans. Voilà un exemple de là où conduit l’accumulation de biens et de richesses : des
multipropriétaires peuvent s’accaparer le parc locatif, laisser plus ou moins volontairement les
logements vides, et ensuite s’appuyer sur la crise du logement pour augmenter leurs profits en
augmentant les loyers et en faisant de la spéculation financière ! Et tout cela avec l’appui des
gouvernements libéraux qui encouragent l’accumulation de ces richesses censées « ruisseler », et
qui n’investissent pas non plus dans les logements sociaux : imaginez des logements en bon état
et accessibles à tous : ne serait-ce pas ce qu’ils appellent de la « concurrence déloyale » ?

Face à ce racket de masse, que propose le RN, ce soi-disant « premier parti d’opposition » ?
Rien ! Enfin, rien… Disons, rien pour changer le système économique, auquel leurs amis
bourgeois participent et dont ils tirent profit. Comme les macronistes, ils présentent la constatation
que nous « manquons » de logements. Que la minorité la plus riche s’enrichisse sur la majorité la
plus pauvre, ce doit être une coïncidence, sans doute ? Voire même une nécessité, le résultat
d’on-ne-sait quelle loi économique immuable qui, bizarrement, arrange bien leurs amis bourgeois.
C’est une fatalité, disent-ils avec gravité, nous manquons et allons manquer de plus en plus de
logements. C’est la crise ! Que faire alors ? Que propose l’extrême-droite pour faire face à cette
crise ? « Protéger les Français ! », disent-ils, en empêchant l’accès à des logements sociaux aux
personnes immigrées. Voilà ce qu’ils répondent au dernier énième projet de loi anti-sociale du
ministre de la ville et du logement Vincent Jeanbrun. Surtout pas de création de logement pour
tous, mais encore l’application immonde de la logique capitaliste : la précarisation accrue des
travailleurs et travailleuses, avec en supplément la logique immonde du racisme. Voilà ce qu’est
l’extrême-droite : un allié du capitalisme qui, en tant de crise, organise la division entre les
travailleurs et les travailleuses pour surtout protéger l’ordre établi et les intérêts du capital.


Nous pensons qu’une autre voie est possible. Nous défendons la rupture, et d’ailleurs on nous
reproche ce mot. « Vous voulez la rupture ?! Vous êtes des violents ! » nous disent-ils à nous, eux
qui organisent la précarisation voire l’extrême précarisation de l’ensemble de la classe laborieuse.
Eux qui défendent un système économique qui détruit les écosystèmes, tue le vivant et alimente
la guerre. Ils font semblant de ne pas comprendre la rupture dont nous parlons : ce que nous
voulons, ce pour quoi nous militons sans relâche, c’est la rupture avec les logiques marchandes,
le règne de l’argent sur tout, toute la vie, le vivant, la planète et les êtres humains. Nous voulons
rompre avec la logique d’accumulation des richesses au détriment du bien commun. Nous voulons
remettre l’argent à sa place : un outil pour échanger et entreprendre les grands chantiers que
nous allons devoir réaliser pour faire face au dérèglement climatique, à commencer par exemple
par la rénovation énergétique de tous nos bâtiments et la construction de tous les logements
sociaux dont nous aurons besoin pour répondre à la crise du logement (la limitation du nombre de
résidences secondaires par personne).


Je termine et conclurai là-dessus, si vous le voulez bien, mes amis, mes camarades : cette année,
les élections présidentielles arrivent et seront décisives. Avec la France insoumise, nous
défendons la planification écologique comme l’outil qui permettra de faire face à la fois aux enjeux
de la préservation du vivant et aux enjeux de justice sociale, parce que les deux sont liés, nous
l’avons vu. Nous avons avancé le projet des éco-régions pour penser et appliquer ce plan.
Beaucoup de militants contribuent à faire avancer notre mouvement, chaque jour depuis 10 ans
qu’il existe. Notre programme pour la présidentielle, avec les dernières contributions de cet été,
paraîtra le 6 novembre. Beaucoup de choses restent à construire bien sûr, mais nous pensons
que la victoire est à portée de main. Alors nous continuerons la lutte pour un monde meilleur, en
alliant, comme le disait Gramsci « le pessimisme de la raison à l’optimisme de la volonté. »

Merci !

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